Une saison de reproduction marquée par des moissons précoces, des conditions météorologiques difficiles et une mobilisation indispensable pour protéger les nichées.
Chaque année, la protection des busards constitue un enjeu majeur pour la préservation de ces rapaces emblématiques de nos plaines agricoles. En Lorraine, la campagne 2026 s’est déroulée dans des conditions particulièrement exigeantes, avec des températures exceptionnellement élevées et des moissons précoces, notamment dans les parcelles d’orge d’hiver.
Malgré ces difficultés, le suivi réalisé par les bénévoles a permis de localiser de nombreux couples, de protéger les nichées menacées et d’accompagner les jeunes oiseaux jusqu’à leur envol.
35 couples de Busards cendrés observés
Au cours de la saison 2026, 35 couples de Busards cendrés ont été recensés sur le territoire suivi, principalement dans la Meuse, mais également en Meurthe-et-Moselle et en Moselle.
Parmi ces couples, 22 ont présenté une reproduction certaine, caractérisée par un indice de reproduction supérieur ou égal à 7.
Les 13 autres couples ont été observés sans qu’une nidification puisse être formellement confirmée.
Les principaux résultats
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Couples observés | 35 |
| Couples reproducteurs confirmés | 22 |
| Couples sans reproduction prouvée | 13 |
| Œufs recensés | 78 |
| Jeunes comptabilisés au nid | 58 |
| Couples ayant produit des jeunes à l’envol | 14 |
| Jeunes à l’envol | 46 |
| Taux de réussite des couples reproducteurs | 63,6 % |
| Productivité par couple reproducteur | 2,09 |
| Jeunes par couple ayant réussi | 3,29 |
Ces résultats témoignent de la capacité des Busards cendrés à mener à bien leur reproduction lorsque les conditions de protection sont réunies.
Des moissons précoces qui compliquent la protection
L’année 2026 a été particulièrement délicate en raison de l’avancement des récoltes.
Les premières moissons d’orge d’hiver sont intervenues alors que de nombreuses nichées étaient encore au stade des œufs ou abritaient de jeunes poussins incapables de voler.
Cette situation impose une intervention rapide des équipes de terrain afin de localiser précisément les nids et de mettre en place des dispositifs de protection avant le passage des machines agricoles.
Les cages de protection jouent ici un rôle essentiel. Installées autour des nids, elles permettent de préserver les jeunes lors des travaux agricoles tout en limitant les risques de prédation.
Des résultats encourageants dans les cultures
Les résultats montrent une productivité comparable entre les deux principales cultures accueillant les nichées :
| Culture | Nids reproducteurs | Jeunes envolés | Productivité |
|---|---|---|---|
| Orge d’hiver | 13 | 27 | 2,08 |
| Blé | 9 | 19 | 2,11 |
| Total | 22 | 46 | 2,09 |
Ces chiffres doivent être interprétés dans le contexte des interventions réalisées : ils reflètent les résultats obtenus avec les mesures de protection, et non les chances de survie des nichées laissées sans intervention.
Le Busard des roseaux également suivi
La campagne 2026 a également permis de recenser six couples de Busards des roseaux.
Parmi eux, quatre présentent un indice de reproduction correspondant à une nidification certaine.
Les données disponibles font état de plusieurs pontes et de jeunes observés au nid. Toutefois, le bilan définitif des envols reste à consolider.
Cette espèce fait également l’objet d’une attention particulière lorsqu’elle choisit de s’installer dans les cultures céréalières.
Une mobilisation essentielle sur le terrain
La protection des busards repose avant tout sur un travail de terrain particulièrement exigeant.
De la recherche des couples au printemps jusqu’au démontage des dernières cages en été, les bénévoles consacrent de nombreuses heures à la surveillance des oiseaux, à la localisation des nids et aux échanges avec les exploitants agricoles.
Cette année encore, la campagne s’est prolongée jusqu’à l’envol des derniers jeunes.
La dernière cage de protection a été démontée après confirmation de l’envol des deux jeunes qu’elle abritait.
Ce moment symbolique marque l’aboutissement de plusieurs mois de surveillance et d’interventions.
Une coopération indispensable avec les agriculteurs
La sauvegarde des busards dans les plaines céréalières serait impossible sans la collaboration des exploitants agricoles.
Le dialogue établi avec les agriculteurs permet d’anticiper les dates de récolte, d’organiser les interventions et de préserver les nichées tout en respectant les contraintes liées aux travaux agricoles.
Cette coopération constitue l’un des piliers historiques du programme de conservation du Busard cendré en Lorraine.
Plus de 40 ans d’engagement pour les busards
La campagne 2026 s’inscrit dans une longue histoire de protection des busards sur le territoire lorrain.
Cette année marque notamment les 40 ans du camp de protection de Spincourt, une aventure humaine et naturaliste qui a permis, au fil des décennies, de suivre près d’un millier de couples et d’accompagner l’envol de plus de 2 000 jeunes.
Ces résultats démontrent l’importance d’un engagement durable pour la conservation des espèces menacées.
Merci à tous les acteurs de cette campagne !
Le Centre de Sauvegarde de la Faune en Lorraine tient à remercier chaleureusement l’ensemble des bénévoles, observateurs et partenaires mobilisés durant cette saison.
Un remerciement particulier à Pierrick, dont l’aide précieuse a largement contribué au bon déroulement des opérations.
Nous remercions également les agriculteurs qui, chaque année, acceptent de collaborer avec les équipes de protection pour préserver les nichées présentes dans leurs parcelles.
Grâce à cette mobilisation collective, 46 jeunes Busards cendrés ont pu prendre leur envol en 2026 sur le secteur suivi.
Un résultat encourageant qui rappelle combien la protection de la biodiversité agricole repose sur la coopération entre naturalistes, agriculteurs et acteurs du territoire.
